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Oléron vidée

sous les pluies la plage
8 juin 2016, par Dominique

Avait-il écrit avant que je n’arrive ? Peut-être. S’est-il remis à écrire dès que je suis reparti ? Probable. Je n’avais encore vu plage aussi brouillonne. De la couleur plein les yeux. Les dunes profondément vertes. Et du jaune, et du rouge. Du visible sans aucun doute. Lisible, c’est une autre paire de manches.

Fleur

Un ami me questionne : des tas de signifiants dans la nature ? vraiment ? Pour nous, n’est-ce pas, qui les remarquons ?
Et je lui réponds que non, non pour nous spécialement, non, des tas là, dans la nature, et inégalement répartis, inégalement dans l’espace et dans le temps. Un jour un tas, un jour sans.
Par exemple, ces trois jours à arpenter ma part et rien, rien du tout. Que des images, que de la couleur, du vert, du jaune, du rouge. Mais pas de signifiant. L’océan n’aura rien écrit sur la plage ces trois jours là.

Ces jours-là je lisais. Une aborigène australienne racontait une histoire. Ce faisant elle traçait du doigt quelques signes sur le sable, puis les effaçait d’un geste large.
Tant que j’y suis, je me rappelle avoir écrit à propos des signes que traçait Jésus dans la poussière. Sans doute avait-il fait d’abord ce geste du bras, effacer.

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