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WOLMAN INHUMÉ

Nuit exaspérante I — note datée du
4 février 2011, par Dominique

Aujourd’hui rougie m’a donné l’occasion de reconnaître ma dette auprès de Gil J Wolman. Être humanisé une fois tombé des nues, c’est une chose, sortir la tête de l’eau misérable du discourcourant, c’en est une autre que m’a permise une autre occasion, celle où j’ai croisé cet homme-là. Je l’ai écrit. Je voulais le dire. J’ai tenté de le dire sur France-Culture en projetant deux émissions dans la série des Surpris par la nuit. La production m’a demandé de raccourcir la chose, une émission devait suffire. C’est le tempo de l’époque, qui raccourcit. Je suis têtu. J’ai croisé Marc Voiry de Radio-Grenouille à l’occasion des Embrasseurs d’arbres eux aussi bien malmenés sur la radio talaramasse ou télérameuse comme vous voudrez. Marc Voiry était d’accord. Il y a des gens, encore, dans ce genre, dans le genre d’accord. La situation n’est toujours pas désespérée. Où trouver le temps ? Sinon la nuit ? Une nuit très exaspérante dans ce cas, une nuit qui n’en finirait pas ? D’accord. Aussi nous y sommes-nous mis :

NUIT EXASPÉRANTE I

14 février 2011 01h 45

WOLMAN INHUMÉ

WOLMAN INHUMÉ

Le tempo des radiophonies actuelles marque le pas de la publicité. Pas plus d’une minute pour vanter le produit : la minute publicitaire coûte cher. Ça s’entendrait trop si par un heureux rétablissement le flux radiophonique lui-même ne se mettait à la mesure de la publicité (d’ailleurs, on attendrait « pub. » ici-même !). Ça s’entend. Le format des microsillons commandait la durée d’une chanson, le coût publicitaire commande le flux radiophonique.
Qui ne veut pas céder à ces sirènes en morceaux comme on tranche le thon rouge et le lieu jaune, trouve la nuit.
La nuit n’est pas obscure pour tout le monde. Les voyous prennent leur temps, dérivent jusqu’à la fracture. Souvenez-vous de Villon. Plus tard, c’est le chiffonnier de Baudelaire. Nous venons plus tard encore, mais la nuit, certaines nuits, pas toutes, les nuits grenouilles par exemple, sont disponibles.
Nous y sommes pour un flux de dires, d’échanges, de pauses, de retours, en prenant notre temps et celui de l’auditeur qui voudra s’y mettre. C’est le pire des « publics » pour la publicité, le « public » de celui qui veut s’y mettre et s’endort.

Pour cette première de nos essais nocturnes, nous sommes allés chercher wolman, Gil J Wolman. C’est un homme qui a vécu de 1929 à 1995. Un artiste qui pouvait en cacher un autre et l’autre c’était lui. Qu’on sache, si le temps presse, que l’axe exploré par Wolman est celui de la séparation. Qui dit séparer dit joindre, voir coller. On voit que l’amour y est. L’auditeur qui voudra s’y mettre, s’exaspérer nuitamment avec nous, jettera un œil sur l’encyclopédie numérique, et de là s’égarera : il y a des liens.

Le nôtre de lien est affectif, pourquoi le cacherions-nous ? Si Wolman nous est venu pour cette nuit exaspérante, c’est que nous l’aimions, et que nous voulons le faire savoir.

Tous nos remerciements à Martine qui nous a accompagné pendant cette dérive, lisant avec bonheur les pages de Wolman ou d’autres.

Je signe, Dominique Meens, mais Grenouille y est pour tout, c’est pourquoi j’écris « nous ».

nous sommes artistes de père en fils

nous sommes abstraits de père en fils


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