The City of Lost Chidren

Le jeu vidéo, musique : Francis Gorgé
17 mai 2010

J’ai découvert dernièrement sur Youtube des enregistrements de la musique que j’ai écrite pour le jeu vidéo The City of Lost Children : un fan a enregistré et numérisé toute la partie musicale du jeu et la propose à l’écoute des internautes.

Du coup, je m’y suis replongé et j’ai recherché les fichiers sources dans mes archives. Malheureusement, la dernière version du logiciel ne pouvait les ouvrir. Les éditeurs informatiques sont lamentables, ils ne se préoccupent pas de la pérennité des fichiers anciens. Énervement, installation sur un ancien système d’une version antérieure, et là, ouf … ! succès. Moralité : pensez à retranscrire vos anciens fichiers informatiques dans des formats plus récents.

En 1995, lassé d’être un intermittent du spectacle obligé de courir après de trop rares cachets, j’ai cherché un poste de musicien et de designer sonore dans le milieu du jeu vidéo. Après avoir écrit et mis sur K7 ou CD quelques morceaux de démonstration, je me suis présenté au studio français de la société Psygnosis qui venait d’être créé. Ma musique a plu et j’ai été engagé. J’ai passé l’essentiel des deux années qui ont suivi à créer la musique et les bruitages du jeu vidéo The City of Lost Children, adapté du film de Carot et Jeunet. Ce jeu était développé pour PC et pour la PlayStation de Sony, première du nom.

Il me fallait évidemment écrire une musique qui respecte l’esprit du film et de la musique originale, et le réalisateur, très présent, y veillait… Pour des raisons techniques, la musique devait être jouée via des fichiers MIDI qui pilotaient la carte son de la Playstation. Je devais donc décider du type de sons que j’utiliserais, puis créer et intégrer dans la carte les instruments dont j’aurais besoin. Il faut savoir, de plus, que la mémoire de l’appareil m’était comptée, car le jeu était très gourmand, et qu’ainsi la part réservée aux instruments et à la musique devait être réduite au minimum.

Désireux d’écrire de la musique symphonique, j’ai fait acheter le synthétiseur ROLAND JV 1080 que je connaissais et appréciais, ainsi que les deux cartes sons additionnelles, « Orchestral » et « Orchestral 2 », de sorte à étoffer ma palette (j’ai d’ailleurs utilisé cet instrument avec ces cartes d’extension pour la musique d’"Aigles etc.." sur des poèmes de Dominique Meens).


Pour les raisons que j’ai dites, j’ai restreint mon grand orchestre aux instruments suivants : des cordes (arco), un cor, un ensemble de cors, une basse (pizz), un hautbois, une clarinette, un piano électrique et quelques percussions.

à la réécoute, 15 ans plus tard, je crois avoir atteint mon objectif et obtenu les effets que je souhaitais malgré les contraintes techniques que je viens de noter.

Bonne écoute.

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