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La Buse au Conte cruel

avec Villiers pour maître
2 octobre 2011, par Dominique

CONTE D’AMOUR

I

Éblouissement

La Nuit, sur le grand mystère

Entr’ouvre ses écrins bleus :

Autant de fleurs sur la terre

Que d’étoiles dans les cieux !

On voit ses ombre dormantes

S’éclairer, à tous moments,

Autant par les fleurs charmantes

Que par les astres charmants.

Moi, ma nuit au sombre voile

N’a, pour charme et pour clarté,

Qu’une fleur et qu’une étoile :

Mon amour et ta beauté.

C’est ainsi que commence Villiers de l’Isle Adam. En 1868, ou dans les eaux. Un siècle et trente ans plus tard à peu près, je le recommence pour une buse qui m’entête, de l’avoir croisée.

BUTEO BUTEO

I

Éblouissement

dehors encore un chemin creux

la ronce et l’ortie déjà dites

un ciel muet un ciel heureux

l’autre avec moi pour les redites

on se taisait il faisait chaud

blés coupés prairies fatiguées

l’été enduit son mur de chaux

phrases recuites subjuguées

à l’ombre des saules têtards

j’ai descendu à l’aveuglette

l’autre avec moi pour les regards

un trio ni chef ni baguette

Ces deux cycles de poèmes (d’autres suivent, comme on pense bien), j’y tiens, il faut croire. J’ai proposé « buteo buteo » aux Cahiers éphémérides en 1998. On le retrouve dans « L’Aigle abolie » chez P.O.L. On l’entendait avec une musique de Francis Gorgé dans « Aigles etc ». Je peux les faire entendre tous les deux en 2011, ce que permet une radafionie.

Ce sera le Jeudi 13 octobre à 23h sur France-Culture. Gaël Gillon et moi avons montés les deux poèmes entrelacés sur ses paysages sonores. Nous vous reparlerons d’amour bientôt. Disons qu’il s’agit d’une première partie.

DM.


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