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Un Maire

une conversation matinale
4 juillet 2020, par Dominique

Un Maire

Au début du printemps, voilà donc quelques mois, une entreprise privée a planté de jeunes arbres d’alignement devant chez moi. J’ai donc pu voir ce qui a suivi. Chaque plant dispose d’un drain qui permet d’arroser la partie racinaire de l’arbre. La saison fut chaude et, si quelques belles dépressions ont passé, les rues ne sont guère que des déserts où l’eau file vers les oueds, ici les égouts. Aussi, le départ de ces arbres fut difficile, d’autant que plusieurs semaines passèrent sans qu’ils soient arrosés. Quand ils le furent, les personnes chargées de ce travail ignorèrent les drains et mesurèrent chichement la quantité d’eau distribuée, de sorte à ne pas avoir à trop souvent remplir leur tonne d’eau. J’avisais à plusieurs reprises des jardiniers de la ville qui me firent cette réponse : "Un, ces arbres ne sont pas de notre ressort ; deux, ils sont arrosés par une entreprise privée sous contrat ; trois, ils ne souffrent pas de manque d’eau."
J’appris ensuite qu’il fallait, ici, s’adresser au maire si l’on voulait aboutir à quoi que ce soit. Ce fut fait, ce matin même, du quatre juillet 2020, car je le croisai. Je ne donnerai pas le détail de notre conversation. "Vous n’allez pas me faire une leçon de choses", me dit-il, et "Ces arbres ne me paraissent pas souffrir" ; "Si certains sont effectivement morts, ils ont été remplacés". Encore une fois la morgue, le déni, la logique du chaudron.

Un détail amusant supplémentaire : les espèces d’arbres ont été indiquées, de sorte que le touriste puisse se cultiver en passant. Un orme de Sibérie a crevé. Il a donc été remplacé, par un chêne vert. L’étiquette est restée.


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